Un soutien-gorge sans armature tire son maintien de trois éléments qui remplacent l'armature : une bande de dos large, souvent doublée, des bonnets construits en plusieurs pièces plutôt qu'un simple triangle de tissu, et des bretelles larges ancrées assez écartées. C'est cette construction, et non l'absence d'armature, qui décide de la tenue sur une journée entière.
La réputation de mollesse date des modèles d'il y a vingt ans. Les soutiens-gorge sans armature actuels se répartissent en deux familles bien distinctes. Les modèles souples, type brassière ou triangle, ne cherchent pas le maintien : ils offrent une couverture confortable aux poitrines menues et aux journées calmes. Les modèles construits, eux, empruntent tout à l'emboîtant classique sauf le cerceau métallique : bonnets préformés, coutures de soutien, dos large à trois rangées d'agrafes. Ces derniers tiennent une poitrine généreuse aussi bien qu'un modèle armaturé, à condition d'être à la bonne taille.
Trois situations le désignent naturellement. Les journées longues d'abord, où l'armature finit par marquer sous le sein : c'est là qu'un soutien-gorge coton sans armature change tout. Les poitrines sensibles ensuite, après une opération, pendant la grossesse ou en période de tension mammaire. Le télétravail et les jours de repos enfin, où l'on cherche une pièce qu'on oublie. À l'inverse, si vous cherchez une projection nette et un décolleté dessiné sous une robe ajustée, l'armature garde l'avantage : elle concentre et remonte là où le sans-armature répartit.
C'est le point où l'on se trompe le plus. Sans armature pour délimiter le bonnet, la bande de dos supporte davantage de charge : elle doit donc être franchement ajustée, au point de ne laisser passer que deux doigts. Si vous hésitez, descendez d'un tour de dos et montez d'une lettre de bonnet plutôt que l'inverse. Les modèles à bonnets extensibles, vendus en S, M, L, conviennent aux petites poitrines mais tiennent rarement au-delà du bonnet C : au-delà, il faut une taille chiffrée.
Triumph, Anita, Sloggi et Passionata ont chacune une ligne construite sur ce segment, avec des gammes de tailles complètes plutôt que quelques références d'appoint. Anita et Freya vont le plus loin sur les bonnets profonds, là où la plupart des maisons s'arrêtent au D.